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mercredi 29 juillet 2026

Le patrimoine alimentaire et les grandes entreprises agroalimentaires Québécoise (

Publication Réseaux Sociaux 

La vente de la fabrication des Whippets et des fromages OKA témoigne d'un manque de sensibilité flagrant des gestionnaires envers notre patrimoine alimentaire. Cela illustre une fois de plus les tensions fondamentales qui traversent notre société moderne, notamment le conflit entre la pure logique de marché et la préservation de la culture.

J'ai le sentiment que, pour de grandes entreprises de l'agroalimentaire, le patrimoine est trop souvent perçu comme un simple actif financier parmi d'autres, plutôt que comme un héritage immatériel à protéger à tout prix. Voici pourquoi cette perception est si ancrée et pourquoi un tel décalage persiste entre la gestion corporative et la valeur culturelle de nos marques locales.


Analyse

Cette situation met en lumière une fracture de plus en plus visible entre la valeur patrimoniale d'un produit et sa valeur boursière au sein de l'économie mondialisée.


Lorsqu'un symbole de notre culture matérielle change de mains pour obéir à des impératifs de rationalisation financière — qu'il s'agisse de la relocalisation de la production des biscuits Whippet hors du Québec ou de la vente des fromages fins d'Agropur (dont le mythique OKA) au géant français Lactalis —, la réaction d'amertume du public dépasse la simple nostalgie. Elle soulève des questions fondamentales sur la souveraineté de notre garde-manger.


Les mécanismes de cette dépossession

  • L'optimisation à court terme : Pour les grands groupes et les structures corporatives, l'efficacité opérationnelle prime souvent sur l'histoire. Un produit de niche ou un fleuron régional, bien que rentable, peut être sacrifié ou cédé s'il ne cadre plus avec les grands axes de croissance ou les marges exigées par les actionnaires.

  • La vulnérabilité des marchés de taille moyenne : Des économies ouvertes comme celle du Québec peinent parfois à trouver des acheteurs locaux dotés de l'envergure financière nécessaire pour acquérir de grands actifs. Cela ouvre la porte à la concentration des marques entre les mains de multinationales étrangères, éloignant ainsi les centres de décision des territoires d'origine.

  • Le déracinement du savoir-faire : Même lorsque la production physique est maintenue localement dans un premier temps, le passage sous le contrôle d'une entité transnationale modifie la relation entre le produit, ses artisans et sa communauté. Le patrimoine cesse d'être un bien vivant co-construit pour devenir un simple portefeuille de marques.


Vers une réévaluation de notre patrimoine

Ce fossé entre la logique du marché et la préservation culturelle rappelle l'urgence de penser l'alimentation non pas comme une simple marchandise interchangeable, mais comme un bien commun.


La vitalité d'un patrimoine alimentaire repose sur la reconnaissance de sa fragilité face aux grandes manœuvres industrielles, incitant à une plus grande valorisation des circuits courts, des producteurs locaux et des structures capables d'honorer la mémoire de nos terroirs.







lundi 27 juillet 2026

Le courage de dire ce qui est

 Sommes-nous revenus dans les années 1980, époque où Marc-Henry Soulet questionnait le silence des intellectuels face au nationalisme ? Parfois, j'ai l'impression que les intellectuels — qu'ils soient universitaires, journalistes ou professionnels — font preuve d'une grande prudence face aux changements climatiques. Certes, plusieurs d'entre eux osent sortir de leurs mandats et de leurs projets de recherche pour « soutenir l'action climatique et la transition socioenvironnementale ».

« On est tannées de voir que les choses ne vont pas dans le sens où elles devraient aller, basées sur les connaissances scientifiques, et donc le collectif vient d'une volonté de pousser l'action climatique », affirme Mathilde Jutras, co-porte-parole du collectif, en entrevue au Devoir.

L'ouvrage de Nicolas Langelier va plus loin. “Ce qu'on trouve dans la cendre – Méditations sur le sens et le courage dans un monde en effondrement”, ose nommer — parfois de manière brutale — les non-dits, les demi-vérités et bien souvent les mensonges qui caractérisent le développement de notre société.



lundi 11 mai 2026

Pourquoi de nombreuses personnalités publiques et d’organismes de la société civile se prononcent peu sur des enjeux environnementaux et sociaux des grands projets économiques?

 Je participe depuis plusieurs années à des rencontres discutant des enjeux économiques, environnementaux et sociaux.  Les discussions sont enrichissantes et formatrices. Toutefois, les échanges deviennent vagues et conciliants sur les grands projets qui ont des impacts économiques Pourquoi? Mon objectif est de soulever une réflexion sur un changement d’attitude. 

1. Le retrait des leaders d'opinion face aux enjeux systémiques

Le silence des personnalités publiques (artistes, intellectuels, influenceurs, politiciens) ne relève pas toujours d'un manque d'intérêt, mais souvent d'une stratégie d’évitement. En évitant de se prononcer sur des projets économiques controversés, ces figures protègent leur "capital sympathie" et leurs partenariats. Cependant, cette absence de prise de position renforce le statu quo : sans voix fortes pour porter la critique, les projets industriels sont perçus comme faisant consensus par défaut.

2. Le piège de la "politique des petits pas"

Le fait de vouloir changer les choses très progressivement est souvent présenté comme la seule approche réaliste. Pourtant, face à l'urgence écologique, cette méthode agit comme un anesthésique politique.

  • Elle donne l'illusion de l'action tout en maintenant les structures économiques polluantes.
  • Elle empêche de poser la question de la rupture, pourtant nécessaire pour respecter les limites planétaires.

3. Le consensus comme frein au débat démocratique

La recherche du consensus à tout prix (l'unanimisme) tend à l'uniformisation de la pensée. Dans le cadre de grands projets :

  • Le débat est souvent réduit à une simple consultation technique.
  • Toute voix divergente est étiquetée comme "obstructionniste" ou "anti-progrès".
  • Conséquence : On évacue les questions de fond (utilité sociale, impact à long terme) au profit d'une validation de pure forme.

4. Le déséquilibre de la parole : Promoteurs vs citoyen.

Il existe un déséquilibre structurel dans l'accès aux médias. Les promoteurs de projets disposent de services de communication puissants et d'un discours rodé sur la "création d'emplois" et la "croissance".Le constat : La parole écologique et citoyenne est souvent reléguée au rang de protestation émotionnelle ou militante, alors que la parole économique est présentée comme rationnelle et objective. Cette hégémonie rend difficile l'émergence d'un contre-récit crédible.

5. La marginalisation de la parole scientifique

L'expertise scientifique est la grande absente des prises de décision immédiates. Lorsqu'elle est présente, elle est souvent saucissonnée en études d'impact segmentées qui ne permettent pas de saisir la globalité des dommages écologiques.

  • L'absence d'un relais médiatique fort pour les chercheurs laisse le champ libre aux arguments purement financiers.
  • Cela crée un déficit d'information pour le citoyen, qui peine à distinguer les promesses marketing des réalités biophysiques.


Conclusion : Vers une rupture du silence et des modèles

En définitive, le déploiement de grands projets économiques au détriment de l'impératif écologique n'est pas seulement le résultat d'une volonté politique, mais celui d'un véritable verrouillage du débat public. Ce système repose sur une triple défaillance :

  1. L’effacement des contre-pouvoirs : Le retrait des leaders d'opinion et l'asymétrie médiatique entre promoteurs et environnementalistes créent un déséquilibre qui favorise les intérêts financiers immédiats.
  2. L’illusion du consensus : La quête d'unanimisme et la stratégie des « petits pas » neutralisent toute tentative de transformation structurelle, transformant la transition écologique en un simple ajustement technique.
  3. Le silence de la raison : La marginalisation des faits scientifiques prive les citoyens des outils nécessaires pour évaluer objectivement les conséquences de ces projets sur le long terme.


Pour sortir de cette impasse, il est impératif de réinvestir l'espace médiatique par l'expertise et la critique. La transition ne pourra être effective que si elle accepte la confrontation des idées et si elle ose remettre en question le dogme de la croissance au profit d'une viabilité biophysique réelle. Le passage de la passivité à l'engagement est la condition sine qua non pour transformer nos modèles de société avant que les limites planétaires ne nous l'imposent de façon brutale.




lundi 27 avril 2026

L'abondance épuisée - Trouver le courage de continuer

 “L’avidité insatiable de notre espèce nous a menés à la catastrophe: ce qui nous avait semblé inépuisable est sur le point de manquer pour toujours. Chaque année qui viendra sera plus chaude, plus chaotique, plus violente que la précédente. Notre civilisation a déjà commencé à s’écrouler.Où trouver une raison de vivre et le courage nécessaire, dans un monde en effondrement? C’est la question centrale de Ce qu’on trouve dans la cendre, plus récent titre de la collection Documents, signé par notre rédacteur en chef, Nicolas Langelier.”

Je suis engagé depuis plus de 30 ans dans des organisations qui cherchent à construire un monde différent, plus équitable et plus respectueux de l’environnement. Malgré les avancées timides, nous sommes toujours au bord du précipice. Dans ma vie militante et professionnelle, j'ai rencontré des personnes et des collectivités qui ont refusé le défaitisme parce que leurs visions étaient empreintes de réalisme et de courage. 

Ce texte que je vous propose s'adresse à tous ceux et celles qui aspirent à des changements nécessaires pour éviter  les effets catastrophiques des changements climatiques, de l’épuisement des ressources naturelles, de la croissance économique. Mais aussi à ceux et à celles qui croient que  la technologie, l’intelligence artificielle, nous sauvera.  

Ce texte nous invite au courage de poser des questions, de partager des idées, de partager  des visions du monde différentes des décideurs publics et privés.  Face aux projets de pipelines, au nucléaire, à l’industrie militaire ou aux agrandissements portuaires, il nous rappelle que, même si le combat semble perdu d’avance, il est essentiel de continuer à porter une voix différente.



dimanche 15 mars 2026

Partie 2 - Communication et relation publique : Que penser de la position du Port de Montréal sur la transparence?

Quelques faits: 
Nous avons déposé sur notre site WEB quelques éléments d’informations récents pour alimenter notre réflexion collectives 


Vigie citoyenne Port de Contrecoeur a réaffirmé dans une lettre récente à M. Julien Baudry Vice-président, Communications et relations externes Administration portuaire de Montréal: “Nous demandons des rencontres publiques de la part des autorités portuaires, des organismes de régulation et des instances politiques afin que les citoyen.nes puissent avoir accès à toute la documentation et à des avis d’experts indépendants.” Cette demande a été formulée directement en 2023 à des représentants du Port de Montréal. 


Nous nous expliquons mal la réaction du Port de Montréal suite à la résolution unanime du comité transport fédéral


“Que, au nom du Comité, le greffier envoie une lettre au Port de Montréal lui demandant de rendre public et de soumettre au Comité, dans un délai de 30 jours, son plan d'assainissement des terrains contaminés à Contrecœur, et que le Comité invite le Port à se conformer aux règlements municipaux et aux lois environnementales du Québec.”


Le Port de Montréal affirme dans un communiqué :  “L’APM poursuivra ses démarches d’information avec sérieux, transparence et diligence, comme elle le fait depuis le début du projet.”

Je vous propose quelques éléments de réflexion 

1. Le choc des définitions de la "transparence"

Il y a deux interprétations irréconciliables du mot transparence 

  • La vision de l'APM : Elle s'appuie sur une diffusion d'information descendante (communiqués, rapports officiels de l'AEIC), qu'elle juge "sérieuse et diligente » mais ignore les avis de plusieurs scientifiques et experts indépendants.
  • La vision de la Vigie citoyenne : Elle exige une transparence interactive. Le fait de demander des rencontres publiques avec des accès à des expertises indépendantes suggère que l'information fournie par le Port est perçue comme unilatérale ou filtrée par des impératifs de relations publiques.

2. L'intervention du Comité fédéral : Un point de bascule

La résolution unanime du comité transport fédéral change la dynamique. Ce n'est plus seulement un groupe de citoyens qui questionne le Port, mais une instance parlementaire :

  • Exigence de reddition de comptes : En demandant le plan d'assainissement des terrains sous 30 jours, le Comité transforme une demande de "courtoisie" en une exigence politique formelle.
  • Légalité :  La position de l'APM demeure qu’elle n'est assujetti qu’aux lois fédérales alors que Vigie a rappelé lors de sa présence devant le Comité permanent des transports que la Cour d’appel du Québec et la Cour Suprême du Canada ont statué dans différents jugements qu’en matière d’environnement, il fallait faire un fédéralisme coopératif pour respecter chaque palier de législation (municipal, provincial, fédéral) pour protéger l’environnement et les citoyens. Ce que le Comité permanent des Transports a invité l’APM à respecter par l’adoption de sa motion unanime pour qu’elle se conforme aux Règlements municipaux et à la Loi du Québec en environnement qui prévoit un plan de réhabilitation pour des terrains contaminés, approuvé par le ministre de l'Environnement.


3. Les points de friction persistants

La position du Port de Montréal semble de plus en plus difficile à tenir pour plusieurs raisons :

  • Le délai de réponse : Si des demandes formulées en 2023 sont restées sans réponse satisfaisante, l'affirmation de "diligence" de l'APM est factuellement contestée par le vécu des acteurs locaux.
  • L'asymétrie d'information : Le refus (ou l'évitement) de rencontres publiques avec des experts indépendants renforce l'idée d'une gestion en "vase clos".

mercredi 31 décembre 2025

Partie 1 : Communication et relation publique : Que penser de la campagne de promotion du port de Montréal au sujet de l'agrandissement du port de Contrecoeur?

Texte publié sur le site de vigie port de Contrecoeur le 31 décembre 2025

Quelques faits

  • Le premier document de présentation est l'Étude d’impact. 2020
  • Consultation formelle de l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC) 2021 sur la décision et 2025 sur la décision du  projet modifié.
  • Depuis les consultations publiques de l’AEIC il n’y a eu aucune consultation formelle sur le projet. Le port de Montréal a organisé des séances d’information et des communiqués de presse.
  • Outre les agences de réglementation AEIC et MPOC, ainsi que le ministère québécois de l’Environnement, aucun organisme tiers n'a vérifié les données fournies par le port de Montréal.
  • Plusieurs organismes ont été consultés sur des questions spécifiques. Mais sans connaître le résultat des consultations.
  • La réalisation de plusieurs conditions exigées par l’AEIC a été rendue publique qu’après l’annonce du début des travaux printemps 2025.
  • L’information est communiquée directement par les sites du port de Montréal ou des rencontres avec des instances publiques, des organismes de la communauté, des gens d'affaires ou des portes ouvertes pour la population.


Vous trouverez des informations critiques sur le site WEB de Vigie citoyenne port de Contrecoeur


Piste de réflexion sur le mode communication du port de Montréal

 Ce que nous comprenons de la stratégie de communication du port de Montréal

Déficit de transparence et Déficit démocratique

  • L'approche DAD (Décider, Annoncer, Défendre) : Le promoteur communique uniquement sur les décisions finales. L'information est diffusée après les faits ou juste avant le début des travaux.
  • La concertation continue : le promoteur maintient un dialogue bidirectionnel. Ici, l’absence de mise à jour publique sur la réalisation des conditions d’impact suggère que le Port traite ces obligations comme une liste de tâches administratives plutôt que comme un contrat de confiance avec la population.

Le contrôle de l’information

Le fait que les documents ne soient diffusés que sur les plateformes officielles du Port (site web, communiqués) permet au port de :

  • Cadrer le récit : mettre l'accent sur les retombées économiques et la création d'emplois, tout en minimisant les impacts environnementaux ou la congestion routière locale, la santé de la population.
  • Fragmenter l'opposition : en discutant individuellement avec des organismes privés, le Port évite les assemblées publiques où les préoccupations collectives peuvent se cristalliser et prendre de l'ampleur.

Bien que le Port puisse légalement avancer s'il respecte les conditions de l'Agence d'évaluation d'impact, cette méthode a pour conséquence :

  • Érosion de la confiance : Le « comité de bon voisinage » risque d'être perçu comme une simple chambre d'écho plutôt que comme un lieu de pouvoir citoyen.
  • Contestation : Le manque de transparence nourrit souvent des mouvements de contestation sur le terrain.

En résumé, il est crucial de distinguer la communication marketing (convaincre du bien-fondé du projet) de l'information publique (donner les faits bruts, incluant les impacts négatifs). Dans le cas actuel, le Port semble privilégier la première au détriment de la seconde.

Vous trouverez l’information disponible actuellement par le Port de Montréal

  • sur le site Web du Port de Montréal 
    • “”Vous trouverez dans cette section différents documents reliés au projet Contrecoeur. Des rapports annuels, des plans de compensation ou encore des protocoles de communication y seront disponibles, au fur et à mesure de la réalisation du nouveau terminal à conteneurs.” 
  • sur un microsite WEB du port de type Foire aux Questions FAQ


Que faire dans le contexte où le Port de Montréal intensifie la stratégie de marketing auprès des citoyens, des organismes et des acteurs économiques?

Le patrimoine alimentaire et les grandes entreprises agroalimentaires Québécoise (

Publication Réseaux Sociaux  La vente de la fabrication des Whippets et des fromages OKA témoigne d'un manque de sensibilité flagrant de...