Rhétorique d’un discours de surface : La campagne électorale et les grands projets.
Rhétorique d’un discours de surface : La campagne électorale et les grands projets.
L’analyse de la rhétorique d’un discours de surface appliqué à une campagne électorale et aux grands projets s’intéresse à la manière dont les acteurs politiques utilisent les mots, les symboles et les mises en scène pour séduire, convaincre et masquer parfois la complexité des dossiers réels derrière des promesses spectaculaires.
La campagne électorale
Au cours des prochaines semaines, nous entendrons de la part des partis politiques, leurs programmes. Espérons qu’ils nous parlent des solutions concrètes aux problèmes que vivent les citoyen,e,s aujourd’hui. Sortiront-ils des slogans : la solution c’est la souveraineté, les réductions d’impôts, le tout à l'État, l'économie avant tout.
Les grands projets industriels
On retrouve également cette rhétorique chez les promoteurs de grands projets industriels comme le port de Contrecoeur et de Sorel : on va commencer la coupe d’arbre, on va sauver le chevalier cuivré, on va diminuer les GES, on va créer des centaines d’emplois, on va soutenir les projets de la communauté
Cette rhétorique du slogan facile et de la promesse clé en main touche exactement au cœur du problème : l'écart entre le discours d'affichage et la réalité du terrain.
Que ce soit en politique ou dans la mise en valeur de grands projets industriels, le recours aux « formules magiques » permet souvent d'éviter d'aborder la complexité des enjeux réels.
Deux manifestations d'une même logique
1. En politique : Les grandes recettes simplificatrices
Les slogans politiques traduisent souvent une volonté de résumer des enjeux complexes à une seule variable :
« La souveraineté » ou « Le statu quo » : présentés comme des remèdes universels, alors qu'ils ne dispensent pas d'avoir des politiques publiques rigoureuses sur la santé, l'éducation ou le logement.
« Les réductions d'impôts » : Une formule attrayante sur le coup, mais qui passe sous silence l'impact direct sur le financement des services publics et des infrastructures.
« Le tout à l'État » vs « L'économie avant tout » : Deux visions dogmatiques qui opposent artificiellement le progrès social/environnemental et la vitalité économique
2. Dans les grands projets industriels : Le « coche-case » environnemental et social.
Faire du « coche-case », c'est privilégier les apparences et la bureaucratie au détriment de l'action réelle et de la rigueur.
Chez les promoteurs industriels, la rhétorique prend la forme d'un discours d'acceptabilité sociale très rodé :
L'addition de paradoxes : Promettre la coupe d'arbres ou la destruction d'habitats tout en affirmant « sauver » une espèce menacée (comme le chevalier cuivré) relève souvent d'une logique de compensation théorique plutôt que de la protection réelle des écosystèmes.
L'argument massue de l'emploi : Mettre en avant la création d'emplois ou le soutien communautaire pour balancer dans la balance des impacts environnementaux ou sur la qualité de vie des citoyen.ne.s irréversibles.
L’écoblanchiment opérationnel : Affirmer réduire les GES globaux par des gains logistiques hypothétiques, tout en augmentant la pression industrielle locale.
Les attentes des citoyen.ne.s
Face à ces discours, l'attente légitime des citoyens se résume souvent à trois exigences :
La cohérence et la rigueur : Des données vérifiables et indépendantes plutôt que des projections optimistes ou des engagements flous.
Une vision globale : La prise en compte de l'ensemble des coûts (sociaux, écologiques, santé publique) et pas seulement des retombées financières à court terme.
Un dialogue authentique : Dépasser les consultations publiques formelles où les décisions semblent déjà prises d'avance.
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